Le Coran et la Sounnah donnent à la femme musulmane des règles claires pour sa tenue. Les savants en tirent huit conditions, et ils s’accordent sur l’essentiel. Un seul point reste débattu, le visage et les mains.
Cet article a une visée éducative et ne remplace pas l’avis d’un savant qualifié, surtout sur les questions où les avis divergent.
- Pourquoi la pudeur compte autant en islam
- Les preuves dans le Coran
- Les preuves dans la Sounnah
- Les conditions de la tenue islamique
- Visage et mains, que disent les savants ?
- Quels vêtements la femme musulmane doit-elle porter ?
- S'habiller selon les situations
- Les erreurs fréquentes
- Rester élégante dans la pudeur
- Conclusion
- FAQ sur la tenue de la femme musulmane
Pourquoi la pudeur compte autant en islam
La pudeur (al-hayâ’) occupe une place centrale en islam. Le Prophète ﷺ a dit qu’elle fait partie de la foi, hadith rapporté par al-Boukhari et Mouslim. Quand une croyante se couvre, elle répond d’abord à un ordre d’Allah, avec confiance en Sa sagesse.
Le Coran parle aussi du libâs at-taqwâ, le vêtement de la piété, qu’Allah dit meilleur que le vêtement matériel (sourate al-A’râf, verset 26). Le soin porté à l’habit et celui porté au cœur vont ensemble.
Les preuves dans le Coran
Les savants citent surtout trois passages.
Sourate an-Nour (24), verset 31. Allah demande aux croyantes de baisser le regard, de préserver leur chasteté, de ne montrer de leurs atours que ce qui en paraît et de rabattre leur khimar sur leur poitrine. Les compagnonnes ont appliqué l’ordre sur-le-champ. Aïcha (qu’Allah l’agrée) rapporte que les femmes des Ansar ont déchiré leurs étoffes pour s’en couvrir dès la révélation du verset (al-Boukhari).
Sourate al-Ahzab (33), verset 59. Allah demande au Prophète ﷺ d’inviter ses épouses, ses filles et les femmes des croyants à ramener sur elles leur jilbab, afin qu’on les reconnaisse et qu’on ne les importune pas.
Sourate al-Ahzab (33), verset 33. Allah invite les épouses du Prophète ﷺ à rester dans leurs demeures et à ne pas se montrer comme les femmes de l’ignorance d’autrefois. Ce verset s’adresse d’abord aux mères des croyants, et les savants en tirent aussi des enseignements sur la retenue.
Les preuves dans la Sounnah
Plusieurs hadiths précisent ces versets.
- Le khimar de la femme pubère. Le Prophète ﷺ a dit qu’Allah n’accepte pas la prière d’une femme pubère qui ne porte pas de khimar (Abou Dawoud, at-Tirmidhi, Ibn Majah).
- Le vêtement épais et non moulant. Le Prophète ﷺ a mis en garde contre des femmes « vêtues mais nues » (Mouslim). Les savants y voient une alerte contre les tissus fins, transparents ou moulants. On rapporte aussi qu’il a demandé de doubler une pièce trop légère, de peur qu’elle ne dessine le corps (Ahmad).
- La longueur du vêtement. Oumm Salama a interrogé le Prophète ﷺ sur la traîne. Il a répondu qu’elle pouvait descendre d’un empan, puis d’une coudée, sans aller au-delà (Abou Dawoud, at-Tirmidhi, an-Nasa’i). Les savants en déduisent que le vêtement couvre les pieds.
- Le parfum en sortant. Le Prophète ﷺ a averti la femme qui se parfume pour que les passants sentent son parfum (Abou Dawoud, an-Nasa’i, at-Tirmidhi).
- Ne pas imiter les hommes. Le Prophète ﷺ a maudit les femmes qui imitent les hommes (al-Boukhari).
- Éviter l’ostentation. Il a mis en garde contre le « vêtement de renommée », porté pour se faire remarquer (Abou Dawoud, Ibn Majah).
Les conditions de la tenue islamique
À partir de ces textes, les savants retiennent les conditions suivantes pour la tenue devant les hommes non mahram, c’est-à-dire ceux qu’elle pourrait épouser.
- Couvrir l’awra. Cheveux, cou, poitrine, bras, jambes et pieds sont couverts. Le visage et les mains font l’objet d’un désaccord, détaillé plus bas.
- Ne pas devenir une parure. Le vêtement n’a pas pour but d’attirer le regard. On écarte les broderies voyantes, les couleurs criardes et les accessoires bruyants.
- Être épais et opaque. La peau et les sous-vêtements ne se devinent pas.
- Être ample. Il ne dessine ni la poitrine, ni la taille, ni les hanches.
- Rester sans parfum. La femme évite de se parfumer quand elle croise des hommes.
- Se distinguer de la tenue masculine. Coupes et accessoires propres aux hommes sont écartés.
- Éviter les tenues religieuses propres à d’autres cultes. Cette condition vise les habits distinctifs d’autres religions. Elle ne rend pas illicite toute pièce de la vie moderne, et les savants la nuancent.
- Fuir l’ostentation. Un luxe affiché attire l’attention autant qu’un habit volontairement négligé.
Visage et mains, que disent les savants ?
Ce point divise les écoles, et il mérite d’être présenté avec honnêteté.
Beaucoup de savants, notamment chez les hanafites et les malikites, considèrent que le visage et les mains ne font pas partie de l’awra. La femme peut les laisser découverts tant qu’aucune tentation (fitna) ne menace. Ils s’appuient sur le sens du verset « ce qui en paraît » et sur des textes dont l’authenticité fait elle-même l’objet de discussions entre spécialistes.
D’autres savants, notamment chez les chaféites et les hanbalites, estiment que la femme couvre son visage devant les hommes non mahram, ou que cette pratique est fortement recommandée. Ils invoquent le verset du jilbab et l’exemple des épouses du Prophète ﷺ et des femmes des compagnons.
Les deux positions comptent des savants reconnus. Choisissez celle que vous avez étudiée auprès d’une personne de confiance, et respectez la sœur qui a retenu l’autre. Tous s’accordent sur le reste du corps, cheveux compris.
Quels vêtements la femme musulmane doit-elle porter ?
Les textes n’imposent aucune pièce précise. Seules comptent les conditions ci-dessus. Voici les vêtements les plus courants.
- Le khimar est un voile qui couvre la tête et le cou, puis tombe sur la poitrine. Il peut être court ou long.
- Le jilbab est un vêtement ample et long qui se porte par-dessus la tenue d’intérieur, avec ou sans capuche.
- L’abaya est une robe longue, ouverte ou fermée. Elle remplit le rôle du jilbab si elle est ample et opaque.
- La jupe ou la robe longue se porte avec une tunique ample qui couvre les hanches.
- Le pantalon divise les savants. Certains l’acceptent s’il est ample et recouvert d’une tunique longue, d’autres le déconseillent. Renseignez-vous auprès d’une personne qualifiée.
- Les sous-couches incluent le bonnet ou le bandeau sous le voile, les manches longues et les chaussettes ou collants opaques.
Aucune couleur n’est imposée. Le noir est courant par tradition et ne constitue pas une condition. Évitez surtout les teintes et les motifs qui attirent l’œil.
S’habiller selon les situations
- Dans la rue, au travail, aux études ou en magasin, la tenue complète décrite plus haut s’applique.
- Pendant la prière, la femme couvre tout le corps sauf le visage et les mains, les pieds faisant l’objet d’un avis divergent. Le vêtement reste ample, propre et opaque.
- Devant ses mahrams (père, frère, fils), elle garde une tenue décente et ne dévoile pas ce qu’on ne montre pas d’usage à la maison.
- Entre femmes, des limites existent, et la pudeur reste la règle.
- Devant son mari, aucune restriction ne s’applique.
- Lors d’une visite ou d’un repas de famille, vérifiez qu’aucun homme non mahram n’est présent avant d’enlever votre voile.
Les erreurs fréquentes
- Croire que le khimar suffit. Associé à un vêtement moulant ou transparent, il ne remplit ni la condition de l’ampleur ni celle de l’opacité.
- Choisir un tissu trop fin. Testez le vêtement à la lumière du jour et en mouvement.
- Oublier les poignets et les pieds. Les manches remontent quand on lève les bras, et les pieds apparaissent en marchant.
- Se parfumer avant de sortir. Gardez le parfum pour la maison ou pour les réunions entre femmes.
- Juger les autres. Chaque sœur avance à son rythme. Conseillez avec douceur.
- Se décourager. Si vous ne remplissez pas encore toutes les conditions, avancez par étapes et demandez à Allah de vous faciliter.
Rester élégante dans la pudeur
Le Prophète ﷺ a dit « Allah est Beau et Il aime la beauté » (Mouslim), dans le hadith même qui condamne l’orgueil. La pudeur et l’élégance ne s’opposent donc pas. Quelques idées pour les concilier.
- Misez sur la qualité du tissu. Le crêpe, le coton épais, la viscose lourde, le lin doublé et le jersey épais tombent bien sans mouler.
- Préférez les coupes droites ou évasées, avec des manches longues.
- Associez des tons doux qui vont ensemble, comme le beige, le taupe, le vert sauge, le bleu nuit ou le bordeaux.
- L’hiver, superposez une tunique ample sur un col roulé, sous un manteau long, avec une écharpe qui complète le voile.
- L’été, prenez des tissus fluides et respirants, comme le coton, le lin ou la viscose doublée.
- Gardez quelques basiques, par exemple deux ou trois abayas intemporelles, des khimars assortis et des sous-couches en coton.
Une bonne tenue vous protège, vous met à l’aise et vous rapproche d’Allah, quelle que soit la tendance du moment.
Conclusion
La tenue de la femme musulmane repose sur quatre points. Elle couvre ce qui doit l’être, choisit un tissu opaque et ample, évite l’ostentation et agit pour Allah seul. Sur les sujets débattus, étudiez, interrogez un savant de confiance et respectez les sœurs qui ont retenu un autre avis.
Le chemin se fait par étapes. Qu’Allah accepte vos efforts et vous facilite la tâche.
Retrouvez d’autres articles sur Le Mayssa.




